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Contenus créés avec l’IA : quelles nouvelles règles pour les professionnels de l’immobilier ?

Téléphone avec projet IA
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Thomas
4/8/2026
Mis à jour le
4/8/2026
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Depuis le 2 août 2026, de nouvelles obligations de transparence prévues par l’AI Act européen s’appliquent aux contenus générés ou modifiés avec l’intelligence artificielle et publiés notamment sur les réseaux sociaux.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’est pas nécessaire d’ajouter une mention « créé avec l’IA » sur chaque publication réalisée avec l’aide d’un outil comme ChatGPT.

La réglementation cible principalement les contenus réalistes susceptibles d’être pris pour authentiques.

Quels contenus immobiliers doivent être signalés ?

L’obligation concerne les images, vidéos ou sons générés ou modifiés par l’IA qui ressemblent à une personne, un objet, un lieu ou une situation réelle et qui pourraient induire le public en erreur sur leur authenticité.

Dans l’immobilier, cela concerne notamment :

  • une photo d’un appartement vide meublé grâce à l’IA ;
  • une pièce dont la décoration ou l’agencement a été transformé ;
  • des travaux ou une rénovation présentés de manière photoréaliste ;
  • l’ajout d’une vue, d’un extérieur ou d’un environnement qui n’existe pas ;
  • un avatar réaliste représentant un agent immobilier ;
  • une voix générée ou clonée dans une vidéo ;
  • un visuel pour illustrer une publication sur lequel on fait apparaître des lieux ou des personnes.

La Commission européenne cite explicitement le cas d’une photo réelle d’un appartement vide, meublé artificiellement avec l’IA, comme exemple de contenu partiellement modifié devant être signalé.

Autrement dit, le home staging virtuel reste parfaitement autorisé, mais il doit être présenté comme une projection et non comme une photographie fidèle de l’état actuel du bien.

Faut-il signaler toutes les retouches ?

Non. Les modifications techniques classiques ne nécessitent pas automatiquement de mention.

Un recadrage, une correction de luminosité, une amélioration de la netteté ou une retouche légère peuvent relever de l’édition standard, à condition de ne pas modifier le sens du contenu ni la perception du bien. La réglementation prévoit en effet une exception lorsque l’IA est uniquement utilisée comme assistance pour des retouches standards.

En revanche, dès que l’IA ajoute, supprime ou transforme un élément important de la propriété, la prudence impose de signaler la modification.

Supprimer une poubelle ou corriger légèrement la lumière n’a pas le même impact que masquer un défaut, changer la taille apparente d’une pièce ou ajouter une terrasse inexistante.

De la même manière, si vous générez un design pour votre publication mais qu'il ne fait pas apparaître de personnes ou de lieux réalistes, pas de souci, aucune mention ne sera nécessaire.

Et pour les textes générés avec l’IA ?

Une description de bien, une légende Instagram ou un post commercial sur vos réseaux sociaux d'agent immobilier ne doit pas être étiqueté simplement parce qu’un outil d’IA a aidé à sa rédaction.

L’obligation relative aux textes vise principalement les contenus publiés pour informer le public sur un sujet d’intérêt public. Elle ne s’applique pas lorsque le texte a fait l’objet d’une véritable relecture, d’une validation humaine et qu’une personne ou une entreprise assume la responsabilité éditoriale de sa publication.

Les professionnels de l’immobilier peuvent donc continuer à utiliser l’IA pour rédiger leurs annonces et leurs publications, à condition de vérifier les informations avant leur diffusion.

Comment signaler un contenu modifié par l’IA ?

La mention doit être claire, compréhensible et visible au plus tard lors de la première exposition du public au contenu. Une simple information cachée dans les métadonnées de l’image n’est pas suffisante.

Lorsqu’un réseau social propose un label natif comme « Contenu généré par l’IA » ou « Informations sur l’IA », son activation peut constituer un moyen de transparence, à condition que le label soit clairement visible dans l’interface.

Pour les contenus immobiliers, il reste toutefois recommandé de préciser la nature exacte de la transformation :

« Projection d’aménagement générée par IA – visuel non contractuel »

ou :

« Image modifiée par IA – mobilier présenté à titre d’inspiration »

Cette précision est plus utile pour le futur acquéreur qu’un simple label générique, notamment lorsque l’image est téléchargée, envoyée par message ou republiée en dehors du réseau social.

Attention aux présentations trompeuses

La mention « généré avec l’IA » ne permet pas de tout modifier.

Une annonce reste susceptible d’être considérée comme trompeuse si ses images ou ses informations donnent une représentation fausse des caractéristiques essentielles du bien. Le Code de la consommation interdit notamment les présentations de nature à induire en erreur sur la nature ou les qualités substantielles d’un produit ou d’un service.

Il faut donc éviter de :

  • masquer un défaut important ;
  • agrandir artificiellement une pièce ;
  • modifier la vue réelle depuis le logement ;
  • ajouter des équipements qui ne sont pas présents ;
  • présenter une rénovation virtuelle comme déjà réalisée.

Le bon réflexe pour les professionnels de l’immobilier

Avant de publier, posez-vous une question simple :

Une personne pourrait-elle croire que cette image représente l’état réel et actuel du bien ?

Si la réponse est oui, activez le label proposé par la plateforme et ajoutez une mention explicite sur la nature de la transformation.

L’objectif de cette nouvelle réglementation n’est pas d’empêcher les professionnels d’utiliser l’IA, mais de leur permettre de le faire sans créer de confusion. Utilisée avec transparence, l’intelligence artificielle reste un excellent outil pour aider les acquéreurs à se projeter.

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Paula, Team Lead Operation et Chine, Co-fondatrice de Cocoon-Immo
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